L’UNICEF appelle à une protection urgente des enfants en République centrafricaine

Des enfants sont rassemblés dans l'école du village de Ndenga, à 30 kilomètres de Kaga Bandoro, en RCA. Depuis octobre 2017, de violents affrontements et des tensions intercommunautaires alimentées par des groupes armés sont en hausse dans le pays

Des enfants sont rassemblés dans l’école du village de Ndenga, à 30 kilomètres de Kaga Bandoro, en RCA. Depuis octobre 2017, de violents affrontements et des tensions intercommunautaires alimentées par des groupes armés sont en hausse dans le pays

BANGUI, République Centrafricaine, 12 mai 2018 – Une recrudescence significative de la violence en République centrafricaine au premier semestre de 2018 a forcé au moins 55 000 personnes supplémentaires, dont 28 600 enfants, à fuir à cause de la brutalité et de la violence dans leurs communautés.

La situation humanitaire et sécuritaire déjà précaire dans le pays s’est détériorée au cours de l’année dernière, s’aggravant encore depuis le début de 2018. On estime actuellement à 687 400 le nombre de personnes déplacées internes, contre 440 000 en 2017, dont plus de 357 400 enfants qui n’ont plus accès à l’éducation et aux services de santé et de protection.

« Les enfants paient le prix le plus élevé pour cette nouvelle vague de violence. Tous les acteurs doivent mettre un terme à la violence contre les enfants maintenant ! », a déclaré Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, lors d’une visite de cinq jours en République centrafricaine. « Le monde ne doit pas oublier les enfants de la République centrafricaine. La protection des enfants devrait venir en premier. »

Au-delà des risques immédiats d’une violence accrue, la situation des enfants dans le pays reste critique. Un tiers des enfants sont actuellement déscolarisés. Près de la moitié des enfants de moins de cinq ans ne sont pas complètement vaccinés et 41 pour cent souffrent de malnutrition chronique.

Au moins 2,5 millions de personnes, dont 1,3 million d’enfants, ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, mais les ressources sont très limitées. Fin avril, à peine 15 pour cent de l’appel humanitaire de l’UNICEF pour 2018 était financé. L’agence a besoin de 48 millions de dollars supplémentaires pour continuer à fournir une aide vitale aux enfants et aux familles dans le pays.

L’UNICEF fournit aux enfants une aide vitale, notamment des soins de santé de base, un soutien spécifique aux victimes de violence et d’abus sexuels et un accès à des espaces temporaires d’apprentissage dans les camps de personnes déplacées.

En 2017, dans le cadre de la riposte à l’épidémie de poliomyélite dans le bassin du lac Tchad, plus de 800 000 enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés contre cette maladie, ce qui représente une couverture de 98 pour cent. En outre, plus de 26 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été traités, avec un taux de guérison de 90 pour cent.

L’UNICEF a soutenu la libération de 2 969 enfants issus des forces et groupes armés en 2017. Dans le cadre de sa réponse humanitaire d’urgence, l’UNICEF a aidé à mettre en place 315 espaces adaptés aux enfants et des espaces temporaires d’apprentissage dans les camps de personnes déplacées, touchant plus de 56 600 enfants.

« Grâce à des investissements importants dans des interventions ciblées, nous pouvons faire une réelle différence pour les enfants, tant dans les sites de personnes déplacées internes que dans les communautés d’accueil. L’UNICEF et ses partenaires obtiennent des résultats encourageants en se concentrant sur quatre priorités clés : intensifier la vaccination, mettre fin à la malnutrition, assurer l’éducation et la protection, y compris dans les situations d’urgence », a déclaré Mme Poirier. « Nous avons besoin de soutien pour accroître ces interventions avec nos partenaires. »